Artisanat: les femmes des groupements à l’école de la teinture

Dans le but de mettre en valeur le secteur de l’artisanat en Guinée, par le ministère de l’industrie à travers son programme d’appui à la petite et moyenne entreprise  (PAPME), les femmes de la fédération régionale de Kindia sont en formation. Pendant deux jours, ces femmes seront outillées sur les techniques et moyens adéquats pour rehausser la qualité dans la confession des bazins. 

teinturieres

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Elles sont au total 25 femmes et filles issues des différents groupements de Kindia.  Financée par PAPME en collaboration avec la structure Weli teinture, cette formation répond au besoin urgent de qualifier les produits guinéens.

Regroupées sous les arbres de l’ENI de Kindia, certaines en train de prendre note et d’autres en train de tremper le Bazin dans la couleur, c’est cette image que présente la formation des femmes à Kindia. Hadja Wélibobo Gadzigo coordinatrice du mouvement Weli teinture Conakry est la formatrice, elle explique les raisons de cette formation.

TEINTURIERES2

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« Tout le monde sait que les femmes de ces deux régions sont des teinturières, mais on a un handicape, les fixations de couleurs. Ce n’est pas le fort de nos teinturières et c’est dans ce cadre que nous sommes en train de nous battre pour d’abord qualifier les produits qu’on fait, ensuite pouvoir commercialiser, » dit-elle.

Poursuivant, elle parlera des risques liés à leur travail, il s’agit notamment de l’abondance sur le marché des Bazins en provenance de la chine. « Je pense que nous ne sommes pas très protégées, vous savez dans les autres pays l’Etat protège l’artisanat. Les chinois n’ont qu’à faire leur commerce mais il y’a des secteurs auxquels ils ne devraient pas toucher. C’est vrai qu’ils l’avaient commencé un moment mais je crois qu’ils ont arrêté un peu et je crois que l’Etat va continuer à protéger nos teintures. »

TEINTURIERES3

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Pour Hadja M’balia Doumbouya, participante de la fédération régionale des artisans de Kindia, cette formation vient à point nommé, car cela leur permettra de rehausser leur niveau.

«  J’apprécie vraiment la formation que nous sommes en train de suivre,  parce que ça nous a permis de découvrir beaucoup de choses,  diversifier nos activités et de faire des produits de qualité. Non seulement la qualité des produits des matières premières, mais différentes couleurs et leur utilisation. Sans oublier les modes d’impression (dessin) qu’on met sur les pagnes, surtout les draps en bougie, c’est une première. Au sortir de cette formation, j’envisage de partager cette expérience avec d’autres membres de mon groupement qui n’ont pas cette chance d’être là. »

Après les étapes de Labé et Kindia, le cap sera fait sur la zone spéciale de Conakry.

Siaka Mie kouyaté