Célébration du mois des femmes : rôle des medias pour la promotion féminine

Ce  18 mars, l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication APAC, a célébré le mois des femmes par un forum d’échanges, qui a pour thème « promotion féminine : quel rôle pour les medias ». Ce forum a regroupé des femmes de medias de trois générations, des femmes de la société civile, mais aussi des hommes de medias. La journée a été porteuse de messages, recommandations et solutions, animée par trois panelistes et les participants dans un débat.

Asmaou Barry

Asmaou Barry

Asmaou Barry Présidente de l’APAC-Guinée, parle de ce forum qui a été  précédé par des reportages sur de femmes qui font des « rôles modèles ». «  Pour marquer le mois de la femme, nous nous sommes demandées qu’est ce que nous, en tant que femmes journalistes, nous pouvons faire. Nous nous sommes dit pourquoi pas se retrouver, hommes et femmes de medias, mais aussi des personnes ressources de la société civile, pour discuter sur comment est ce que nous pouvons jour mieux notre rôle de promotion de la femme, » dixit la présidente de l’APAC.

Après le speech de l’actuelle présidente de l’APAC, l’ancienne présidente qui est l’une des panelistes et de la première génération de journalistes en Guinée, rappelle l’historique du 08 mars, de l’APAC, mais aussi donne des recommandations afin que cette nouvelle génération puisse faire la promotion des femmes dans les différents medias. Elle c’est Hadja Saran Touré, première femme professionnelle de medias en Guinée.

panelistes au forum de l'APAC

panelistes au forum de l’APAC

« Le 08 mars est célébré tous les jours tant que les inégalités seront là, tant que les violences faites aux femmes existeront, tant que les droits de la majorité de l’humanité seront violés et bafoués. C’est inscrit en lettre d’or dans la plate forme de Beijing, c’est une obligation, que les medias accordent leur contribution à la promotion des femmes. Aux femmes donc, dans les medias de saisir cette opportunité. Au même titre que nous les femmes de medias, donnons la parole aux hommes dans nos organes de presse, au même titre nous devons donner la parole aux femmes, » conseille Hadja Saran Touré.

De continuer, elle affirme ceci, « en notre temps nous avons fait la promotion des jeunes filles, de plusieurs femmes qui sont devenues ministres, directrices, ambassadeurs. Mais pour  avancer et avoir plus de résultat, nous avons besoin d’alliance parce que les hommes n’arrivent pas encore à comprendre que les femmes constituent la moitié de l’humanité ».

Hawa Kamy Camara est de la deuxième génération de journalistes et paneliste à ce forum, elle est actuellement conseillère à la haute autorité de la communication. Pour sa part, elle fait des suggestions,  « ce que les femmes journalistes peuvent apporter dans la promotion des femmes, moi je dirai qu’il faut d’abord la formation de ces journalistes. Si on veut se faire de la place dans les rédactions il faut que nous soyons compétentes. Nos confrères nous ne feront pas de cadeaux, donc il faut que nous ayons le niveau comme eux ou plus qu’eux s’il le faut. Je fais l’accent aussi sur le soutient et la solidarité entre nous femmes, ça manque énormément dans la profession. Faut que nous soyons solidaires entre nous et que nous n’acceptions pas de jouer le jeu des confrères. Ça les arrange de nous diviser pour régner. Pourquoi dans les rédactions ce sont les femmes seulement qui animent des émissions qui parlent de femmes, les confrères aussi peuvent le faire ».

APAC

APAC

Mafoudia Bangoura, est de la troisième génération  elle est  journaliste à Hadafo medias et aussi  paneliste à ce forum. Elle pense que dans le traitement de l’information, les journalistes qu’elles sont, ont tendance à trop se victimiser quand elles parlent de viol et d’excision par exemple. Elle estime que quand elles parlent d’une femme qui fait un métier qu’un homme fait, c’est comme si c’était extraordinaire, mais si c’est l’homme qui le fait c’est tout à fait normal. Mafoudia invite les journalistes à normaliser le travail que font les femmes. Elle signale que dans les émissions, des femmes juristes sont inexistantes pour traiter un sujet de droit, il les faut appeler un homme juriste. Mafoudia Bangoura se demande où sont les femmes ? Elle regrette que les femmes prônent le droit à la parole mais qu’elles refusent les invitations des journalistes pour des interviews.

De 10 heures à 13 heures, les échangent ont été accentués surtout sur des solutions, pour mieux amener les femmes journalistes à faire bien leur travail afin de faire la promotion des autres femmes dans tous les secteurs, mêmes celles rurales. Cependant, il faudrait, comme le suggèrent les participants, la formation d’abord, la confiance en-soi, un carnet d’adresse bien garnis, l’audace et surtout le respect de soi.

participants au forum de l'APAC

participants au forum de l’APAC

APAC Guinée existe depuis 1989 avec la première génération de femmes journalistes, qui sont en retraite aujourd’hui ou qui sont dans des ministères ou institutions, mais qui ont fait des femmes ministres avec leurs émissions et reportages, sur des femmes dans tous les coins du pays.

Aminata Diallo