Développement: « l’efficacité de nos politiques et de nos programmes dépendra du rôle et de la place que les femmes occuperont » dixit Hadja Saran Daraba

Lors de son passage au panel sur la décentralisation budgétaire, à l’occasion du forum organisé par le Ministère du budget,  avec pour thème ‘’ Efficacité des politiques publiques et transparence Budgétaire’’ du 09 au 11 novembre 2017, Hadja Saran Daraba a mis à nue quelques réalités dont souffre le pays.

Hadja Saran Daraba

Hadja Saran Daraba

Selon Mme Daraba, la pauvreté est une notion qui varie avec la communauté, l’instruction, selon le revenu qu’on a. Pour elle, l’absence de déconcentration et de décentralisation constitue un frein  principal au développement du pays.

Vous n’avez aucune réflexion concrète par rapport à ces fondamentaux du développement. On parle de déconcentration et de décentralisation, je suis désolée je crois qu’il ne faut pas qu’on soit frappé par  l’amnésie, la décentralisation existe depuis le premier régime. C’est pourquoi le gouverneur Moussa Sanguiana Camara a pu bâtir des infrastructures public à Mali, Toumani Sangaré à construit Guéckedou etc. Tout simplement parce que le budget de l’Etat était décentralisé et  déconcentré.”

Poursuivant, Hadja dénonce la faible représentativité de femmes dans les structures à l’intérieur du pays.

Les femmes constituent une légère majorité dans le pays mais sur le plan pratique, à part les ministres nommées à Conakry, directrices ou ambassadeurs, nulle part dans les structures décentralisée et déconcentrée du pays vous ne trouvez des femmes, secundo vous trouvez dans chaque préfecture une structure préfectorale de l’éducation, de la santé  etc. dans 90% des préfectures, il n’y a pas de direction  préfectorale de la promotion des  femmes. Il n’y a aucun outil aujourd’hui dans ce pays qui permet de mesurer la contribution concrète des femmes  au développement de ce pays.

Par ailleurs elle invite les femmes à se former afin d’être à la hauteur au même titre que les hommes.

Hadja Saran Daraba

Hadja Saran Daraba

Selon Hadja Saran, les femmes ne peuvent être mises à l’écart dans la gestion d’une communauté.

Ce que j’ai dit et je le répète depuis près de 40 ans, c’est que les femmes ne peuvent être mises à l’écart dans la gestion d’une communauté. L’efficacité de nos politiques et de nos programmes dépendra du rôle et de la place que les femmes occuperont. Mais occuper une place pour une place, je ne suis pas de ceux qui plaident pour cela. Pour être vraiment respecté il faut être respectable. Il faut que les femmes se donnent les moyens d’occuper des postes de responsabilité, qu’elles se forment. J’ai été ministre des femmes dans mon pays et l’une des choses que j’ai faite et que l’on devrait continuer à l’infini c’est de former les femmes à l’exercice de la responsabilité qu’elle soit administrative, économique ou politique. On ne devient pas capitaine d’industrie du jour au lendemain. Les femmes doivent faire des efforts pour se former, les hommes doivent les aider à cela, le gouvernement doit et les communautés  aussi.

Siaka Mie Kouyaté