Droit de femme : elle est abandonnée par son mari et par la loi

En Guinée comme dans beaucoup de pays africains, l’épouse a toujours été considérée comme objet de satisfaction de besoin du mari. En se basant sur la religion et les traditions, la femme est forcement soumise. Elle est celle qui satisfait le ventre et le bas ventre du monsieur, celle qui donne naissance et prend soins des enfants, de la maison, bref presque tout. En Afrique l’épouse n’a que des devoirs mais ses droits sont presque ou quasiment violés. La modernisation a enseigné aux africains d’officialiser le mariage devant les autorités. Malheur aux femmes qui ne sont pas aller célébrer leur mariage à la mairie. Un cas guinéen, que nous avons vécu avec une dame abandonnée par son mari et qui s’est vu abandonnée par son dernier recours, la mairie.

femmes maltraitesMme Sylla et ses 3 enfants sont abandonnés par son mari, elle dit avoir tout fait pour qu’il prenne soins d’eux mais aucune satisfaction. « Depuis que j’ai eu mon premier enfant, mon mari ne nous nourrit pas bien, ne nous soigne pas, il s’en fou de comment nous vivons mes enfants et moi. Avec l’aide de mes parents j’arrive à prendre soins de mes enfants et de moi. De fois il me bat quand j’essaye de forcer la situation pour qu’il me donne de l’argent. Il refuse carrément, pourtant il travail et il dépense des filles dans le quartier, tout le monde le sait ici. Mais je n’ai pas le choix parce que ma famille m’oblige à rester et pardonner, même si ce n’est pas facile de pardonner quelqu’un qui fait exprès. A chaque fois je vends des produits alimentaires et autres pour que je puisse subvenir à mes besoins, mais c’est pour un court temps et il me dit de rester à la maison. Il m’accuse de sortir pour me prostituer, il en fait un scandale, alors mes parents me demandent de cesser de vendre et rester à la maison ils vont m’aider. Tout ce que mon mari sait c’est de venir tard la nuit, me demander de coucher avec lui. Le matin il reprend sa mauvaise humeur, » a-t-elle expliqué en sanglots.

Fatiguée d’etre maltraitée, Mme Sylla choisie de venir, avec le conseil de ses amies, à la mairie de Ratoma à Conakry, pour avoir une solution. Mais après s’etre expliquée devant une dame, celle ci lui demande « vous vous êtes mariée à la mairie ? » c’était non, donc « nous ne pouvons pas vous aider, allez voir ça en famille » répond la dame qui travail à la mairie. Mme Sylla perd espoir jusqu’à ce qu’une dame qui y était et qui a vécu son histoire, l’explique comment elle a mené sa vie de galère dans son foyer pendant 25 ans. De là Mme Sylla revit et se nourrit d’espoir et de courage.

Pour Me Tolno de Avocat sans Frontière, la réaction de la femme à la mairie est une fausse information car selon lui, « même s’il n’y a que des fiançailles entre deux personnes, l’homme doit prendre soins de la femme, si non il doit etre puni par la loi en vigueur. A plus forte raison qu’il y a eu un consentement et une célébration de mariage entre eux, où que ça soit, en plus il y a des enfants que vous avez eu ensemble. Même les religions l’enseignent. Donc cette femme doit etre aidée par la justice pour qu’elle ait pleinement ses droits, » fait-il savoir et d’ajouter, Me Tolno invite tout le monde d’officialiser leur mariage devant un maire ou un officier de la justice.

APD