Droits des femmes : « Ce n’est pas à un homme de s’exprimer sur l’excision, c’est un problème de femmes, » confie Delphine II

L’émancipation de la femme africaine, combat pour les droits des femmes, lutte contre les violences faites sur les femmes, sont trois choses qui prennent de l’ampleur dans le continent noir. Les femmes, de plus en plus instruites, haussent le ton pour réclamer leurs droits qui ont été bafoués pendant des années. Pour en parler, nous avons approché une afro-française, journaliste, comédienne, slameuse mais aussi maman, elle c’est Delphine II.

Delphine II

Delphine II

« Nous les femmes sommes un laboratoire humain, c’est quand même un don de Dieu de pouvoir fabriquer des humains. Et après être en charge de les éduquer » introduit-elle.

Delphine II est une femme divorcée, elle donne un conseil à toutes les femmes célibataires. « Tout est une question de choix surtout pour nous les femmes, le choix du compagnon n’est pas un engagement à vie, si on est trop malheureuse on a le choix quand même de faire machine arrière. Le choix du compagnon est un fait, mais le choix de celui avec lequel vous allez faire un enfant là c’est autre chose, ça peut vous briser complètement, si ça se passe mal même si vous vous séparez de la personne, la personne restera dans votre vie pour toujours. Donc de vraiment faire très attention l’homme peut aussi bien vous faire un diamant brut qui vaudra d’un prix inestimable, comme il peut vous transformer en vulgaire cailloux que personne ne voudra après son passage » a-t-elle conseillé.

Et d’après elle, quand bien même la relation ne réussi pas, il faut choisir quelqu’un avec qui, au niveau intellectuel vous vous comprenez, avec qui il y a un respect mutuel qui fait que même si la relation est terminée vous continuerez à avoir ce même respect, surtout quand il y a des enfants.

Parlant de l’émancipation de la femme africaine, qui est un combat en vogue dans le continent, la slameuse estime qu’en Afrique surtout en Guinée, tout ce qui est économie parallèle repose sur la femme, « j’ai constaté à Conakry par exemple, les femmes vendeuses de fruits et légumes au centre émetteur, sortent tous les jours même s’il y a une manifestation politique. Beaucoup d’hommes d’ici reposent sur la force féminine. Des femmes qui ont des postes à responsabilités, le mari ne travail pas il est à la maison, elle va rentrer le soir, faire la cuisine, s’occuper des enfants, tout gérer, quelque chose qui génère un stress. »

Delphine II et MHD

Delphine II et MHD

Etant une femme de culture, elle appelle les femmes à s’investir dans la culture, se regrouper pour se donner les mains afin de réaliser quelque chose dans le cadre d’un développement, pas seulement des « sérès » tontines, même si elle apprécie beaucoup ce mouvement. Mais elles doivent se donner les mains et éviter les jalousies et querelles. « Chacune de nous peut faire quelque chose ».

Des violences faites sur les femmes, Delphine en parle avec amertume

Pour l’excision, elle estime que c’est une pratique  violente. « Dire qu’une femme excisée sera plus docile, sera plus obéissante, meilleure à marier qu’une femme non excisée, si on demande l’avis des femmes, elles en ont assez. Ce n’est pas parce qu’une femme a subit l’excision que sa fille doit la subir aussi. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas excisée qu’on est moins africaine.

Je suis extrême à ce sujet. Ce n’est pas à un homme de s’exprimer sur l’excision, c’est un problème de femmes, les femmes doivent être libres pour s’exprimer, car ce sont elles qui seront dans l’état qu’il faut pour pouvoir en parler de manière convaincante. Parlant d’initiation pendant l’excision, il y a mille et une manières d’initier les jeunes filles sans arriver à les couper une partie de leur corps. Je suis prête à m’investir sur cette question dans les prochains mois, » promet-elle.

Par apport au viol « je serrais plus radicale, il faut former les jeunes femmes des quartiers défavorisés à la self défense, qu’elles apprennent des sports de combat. Il faut apprendre aux femmes à se défendre, à garder leur intégrité physique. Je suis prête à faire venir certains de mes potes qui sont champions du monde, pour faire ces types de cours. Pouvoir maitriser l’agresseur et avoir le temps de fuir, » dit-elle avec sérieux et détermination.

Aminata Pilimini Diallo