Elle a été victime du manque de documentation pour sa thèse, aujourd’hui, elle met une bibliothèque à la disposition des étudiants en Guinée

 

Lire ou acheter un livre, faire une recherche ne sont pas fait pour tous, en Guinée. Certains disent que le guinéen n’aime pas lire, d’autres trouvent que ce sont les conditions qui ne sont pas favorables, si non le peu de bibliothèques qui existent sont toujours remplies de lecteurs et chercheurs. Toutefois, pour favoriser l’accès aux livres et documents, Mme Safiatou Diallo qui avait eu du mal à faire des recherches pour sa these, a préféré mettre une bibliothèque à la disposition de tous.

Safiatou Diallo

Safiatou Diallo

Mme Safiatou Diallo, est fondatrice du Centre international de recherche et de documentation CIRD, qui a été inauguré ce samedi 25  mars à Conakry. Elle est guinéenne et a fait son université ici, elle est allée à l’extérieur juste pour faire sa thèse et quand elle est revenue pour sa recherche du terrain, Mme Safiatou dit qu’elle ne savait pas à qui s’adresser.

« J’ai eu l’idée de mettre une bibliothèque à la disposition du peuple parce que j’ai été confrontée à la dure réalité de l’accès à la documentation en Guinée, dans mes recherches universitaire et post universitaire. C’est ce besoin criard, qui m’a poussé à aider mes compatriotes, en finançant cet espace pour que les gens puissent avoir une adresse. Nous sommes à but non lucratif, nous fonctionnons sur le régime des ONG, nous sommes apolitiques. La plus grande partie de ces livres sont mes livres, venant de ma bibliothèque personnelle, j’ai voulu partager avec les chercheurs, » affirme Mme la fondatrice du CIRD.

    sale de lecture CIRDsale de lecture CIRD

L’objectif de ce centre, n’est pas d’avoir toutes les productions de ce pays. Mais au moins de pouvoir les identifier, afin d’orienter les chercheurs. D’après la fondatrice, quand on arrive en Guinée on est complètement perdu quand on est chercheur. On ne sait pas à qui s’adresser, dit-elle. Selon Mme Safiatou Diallo, c’est vrai qu’il y a les archives nationales, mais il y a assez de difficultés d’accès pour certaines séries qui sont encore sous scellés.

Donc, elle a mit en place un endroit qui permet aux gens de se retrouver de loin du centre ville, parce que les archives nationales sont loin des sites universitaires qui sont plus situés vers la banlieue. C’est pour cela, « je me suis dit il faut faire quelque chose pour ne pas que les autres souffrent comme moi j’ai souffert, » dit-elle.

Qui peut accéder au CIRD ?

« Nous n’avons pas beaucoup pour le pré-universitaire, parce que nous n’avons pas un grand local. Nous avons 4000 livres, et je pense que pour l’école primaire et le collège nous n’avons pas plus de 300 livres. Il y a des romans quand même que tout le monde peut lire, mais les livres ici, sont plus des livres de recherche universitaire. La bibliothèque est ouverte à tout le monde. Vous avez les magazines, des revues et autres, » indique Mme Safiatou.

Les livres ne sortiront pas pour le moment de la bibliothèque, c’est ce qu’indique Mme la fondatrice, « j’aurai souhaité qu’on emprunt les livres, mais malheureusement, on ne peut pas se permettre ce luxe. Vue que les gens les utiliseraient mal et l’objectif c’est d’en faire profiter un grand nombre. Pour le moment nous ne pouvons pas faire un prêt des livres pour ne pas les perdre. C’est pour quoi l’accès est libre avec une carte d’accès. Et il y a une photocopieuse qui numérise aussi, si les gens ont besoins de photocopier ou numériser tout un livre, ils peuvent le faire ».

Ce qui est intéressant avec cette bibliothèque, c’est qu’à partir de votre Smartphone vous pouvez consulter le fond. Si vous avez besoins d’un livre vous n’êtes pas obligé de venir au CIRD. Mais, «  vous pouvez juste taper soit par auteur, soit par le titre, pour savoir si le livre est là ou sil est à l’université de Sonfonia. Et s’il n’est pas là vous pouvez le commander aussi. Le livre reste une propriété du centre, mais vous avez la possibilité de le commander on l’achète pour vous et pour les autres, parce qu’on suppose que si vous commander un livre, d’autres personnes auront besoins de ce livre, mais il reste ici, » précise la fondatrice du CIRD.

Dire qu’il ne faut pas attendre tout de l’Etat, chacun peut faire son mieux pour rehausser le système éducatif guinéen qui est malade depuis des décennies.

 

Aminata Diallo