Etre intello et avoir un mari qui n’est jamais parti à l’école

Se marier très jeune, par passion ou par force a des conséquences après quelques années. Issatou est issue d’une famille très pauvre dans la haute banlieue de Conakry. Un petit commerçant est venu tout directe de Dakar pour demander sa main lorsqu’elle faisait la douzième année. Elle s’est mariée avec ce monsieur qui avait promis aux parents de la fille de prendre soin d’elle et ses études. Il a tenu promesse pour la terminale de sa tendre épouse. Celle-ci passa pour l’université, le monsieur vu que c’est du sérieux et il changea de comportement depuis, jusqu’à nos jours.

Hoteliere

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Aujourd’hui Issatou fait son deuxième stage dans un des plus grands hôtels de Conakry. Elle est belle, charmante et bien élégante. Son mari est un coureur de jupon avec des filles couturières ou coiffeuse, qui ne sont pas de la même classe qu’Issatou. Mais Issatou, après tant de combats pour récupérer son mari dans les mains de ces filles, se contente aujourd’hui sur son boulot, ses parents mais surtout ses deux enfants.

Lorsqu’elle faisait l’université, pendant trois ans ce sont ses parents qui payaient son transport pour aller à l’école, elle s’abstenait à manger. Pour briser ses études, son mari forçait la situation pour avoir son repas à 14 heures, pourtant sa femme allait à l’école cinq jours sur sept et ce, de 8 heures à 14 heures. Mais la maman d’Issatou a pris les choses en main afin de faire le repas pour son gendre.

Un mari qui rentre à la maison aux environs de minuit, qui gronde sa femme de s’habiller en pantalon pour aller à l’école, ou encore qui met des chevelures pour aller au stage. C’est marrant !

Issatou a fait son premier stage lorsqu’elle faisait la deuxième année. Elle quittait l’école pour aller en ville dans un restaurant où elle pratiquait ce qu’elle apprenait à l’école. Son mari ne digérait pas du tout, de voir sa femme élégante bien habillé pour monter et descendre en ville chaque jour. Il l’a frappait, l’insultait et la chassait quand il voulait comme il voulait.

Le mari d’Issatou, un petit commerçant qui gagne pas mal sa vie, n’assiste jamais sa femme qui a des petits frères et petites sœurs qui partent à l’école. Il ne veut pas non plus que sa femme se bat pour aider sa famille. Alors, il exige que celle-ci parte au village pour soit disant prendre soin de la mère du monsieur et parce qu’elle est enceinte de son deuxième enfant. Ce fut la troisième guerre mondiale pour une fille née dans la capitale et qui y a fait toute sa vie, mais surtout ses études jusqu’à l’obtention d’un diplôme.

Cependant, Issatou repris les choses comme d’habitude. Elle avait cherché un boulot, main elle ne trouvait pas car ça ne rimait pas avec sa grossesse. Après l’accouchement, elle a eu un stage même s’il n’y a pas assez de rémunération, mais il ne faut pas que son mari la jette au village. Alors, elle commence son stage dans un des plus grands hôtels de Conakry. Son mari n’en revenait pas. Il a chassé la nourrice et ses deux enfants.

Ainsi elle revient chez ses parents qui l’ont toujours soutenue. Elle part au boulot 6 jours sur 7. De midi à 22 heures. Ses parents et son mari étant pratiquement dans le même quartier, le mari n’a pas pu se retenir en voyant sa femme tous les jours avec bonne mine. Il revient pour la récupération des enfants avec un slogan « mes enfants ne vont pas être éduqués par une prostituée des hôtels ». Les parents de sa femme ont fait tout pour une réconciliation entre les deux. En fait c’est ce que le monsieur voulait !

Tout a repris sur bon pied jusqu’au 31 décembre 2015 jour au quel sa femme a travaillé jusqu’à minuit. Ça avait coïncidé qu’elle était chez sa mère car son fils était malade et elle ne pouvait pas abandonner son stage. Le mari guetta sa femme jusqu’à minuit en même temps sa femme avait reçu une information que son mari était avec une autre femme. Mais elle s’en foutait, son travail était sa seule préoccupation. Arrivée à minuit dans le quartier elle se voit giflée par un monsieur qui l’attendait tout près de chez sa mère. Il l’a bastonnât comme pas possible, mais elle aussi répliqua. C’était son mari, le père de ses enfants. Le problème a donc recommencé même si elle a été obligée de rentrer chez son mari avant que l’enfant ne guérisse.

Le jour de la fête de saint valentin, elle a reçu une Rose en cadeau comme d’ailleurs tous ses collègues, c’est le patron qui les avait offert ce cadeau. Elle revient à la maison son mari lui dit que la fleur n’entrera pas dans sa maison car c’est son amant qui l’a offert. Elle jette la fleur pour éviter les dégâts, mais le mari persiste en la traitant de tous les maux, jusqu’à lui dire que c’est sa mère qui l’aide à briser son foyer car c’est elle qui prend soin de ses enfants jusqu’à ce qu’elle parte se prostituer dans cet hôtel. Sachant que s’il attrape sa femme pour la frapper, celle-ci va répliquer, il sort des ciseaux pour qu’elle les utilise afin de le blesser et qui sait ce qu’il voulait dire après. Issatou a été maligne et s’est retenue.

Cette fois ci Issatou désespère et demande carrément le divorce, car elle en a marre d’un mari qui ne la comprend pas. Qui ne la respecte pas, qui ne prend pas soin d’elle, qu’elle travail ou non. Mais ses parents qui ont toujours voulu sauver son mariage, demandent une autre faveur à leur fille. Elle accepte mais promet qu’a la prochaine fois ça sera soit le divorce, soit ses parents la perdent.

Aminata Diallo