Excision encore : des religieux russes se prononcent en faveur de la pratique

L’appel d’un dignitaire musulman du Caucase russe à « exciser toutes les femmes » provoquait le 18 aout dernier, l’indignation en Russie, mais aussi un débat sur la sexualité féminine. « Il faut exciser toutes les femmes afin que la débauche n’existe plus sur terre », a déclaré mercredi Ismaïl Berdiev, mufti du Daguestan, une république à majorité musulmane, à l’agence de presse russe Interfax.

A la tête du Centre de coordination des musulmans du Caucase du nord, le dignitaire islamique a défendu la pratique de l’excision « afin de réduire la sexualité féminine. » Il s’exprimait au lendemain de la parution d’un rapport de l’ONG russe « Initiative légale », selon laquelle des milliers de femmes ont été excisées ces dernières années en Russie, notamment au Daguestan.

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La déclaration du mufti a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux russes, d’après lefigaro.fr de nombreux utilisateurs dénonçant une « pratique barbare » et appelant à ne « pas traiter les femmes comme du bétail ».

Ses propos ont provoqué diverses réactions officielles. Le ministère russe de la Santé a condamné l’initiative du mufti: « L’excision est une pratique mutilante et ne doit pas être considérée comme quelque chose de positif », a déclaré ce 18 aout à Interfax le porte-parole du ministère, Oleg Salagaïev.

« Une bonne éducation peut être une alternative à l’excision permettant de préserver la chasteté des jeunes filles et empêcher les femmes de succomber à l’adultère », a affirmé de son côté Guennadi Onichtchenko, conseiller du premier ministre Dmitri Medvedev et ancien chef des services sanitaires russes.

« Il n’est pas nécessaire d’exciser toutes les femmes: les orthodoxes par exemple ne sont pas des débauchées », a assuré de son côté le prêtre orthodoxe et blogueur Vsevolod Tchapline, connu pour ses propos controversés.

L’excision, qui touche plus de 200 millions de femmes dans le monde selon l’ONU, n’est pas formellement interdite en Russie. Consistant en l’ablation totale ou partielle des organes génitaux externes féminins, elle est parfois pratiquée sur des fillettes pour des raisons culturelles ou religieuses. Elle peut entraîner la mort en cas de choc hémorragique.

Un internaute va jusqu’à  lancer un commentaire, « s’il veut vraiment que la débauche n’existe plus sur terre, il ne faut pas seulement exciser les femmes mais aussi castrer les hommes, » a écrit Benoit S. 1 en bas de l’article de lefigaro.fr.