Fête du travail à Conakry: Les femmes au marché s’en moquent

Assises dans les coffres des taxis ou arrêtées derrière les voitures qui contiennent des mangues, certaines avec des bébés au dos, des femmes vendent ces mangues en provenance des préfectures de la Guinée. Ceux qui consomment directement, celles qui revendent en détaille ou encore celles qui font des pates saucées aux mangues, sont leur clients de tous les jours. A cette occasion de la fête du travail nous avons rencontrés ces femmes dans leur coin de travail. Elles disent que cette fête n’est par pour celles qui sont au marché, qui vivent du jour au jour.

vendeuse de manguesKadiatou qui vend des fruits ou légumes selon la saison, prend les mangues à Mamou pour les distribuer à Conakry. « Il y a trois jours depuis que je suis arrivée ici pour écouler ma marchandise, mais je n’ai même pas atteint la moitié des mangues d’abord. Je les revends en fonction du poids et de la qualité, il y a quatre (4) pour 2000 francs guinéens, huit (8) pour 5000 fg. Ce n’est pas facile avec cette dure situation du pays, mais bon nous sommes obligées de venir vendre tous les jours pour prendre soins de nos enfants, pour qu’ils arrivent a faire des études afin de devenir des cadres de demain, car nous n’avons pas eu cette chance, » déplore cette mère de famille.

Pour la vielle Fatoumata Binta « je ne peux pas dire que ça ne va pas bien parce qu’il y a deux jours que je suis arrivée avec mes mangues, elles sont presque fini. Nous déplaçons un taxi de l’intérieur du pays à Conakry, pour transporter notre marchandise.

Nous payons le déplacement, ainsi le temps que la voiture fera jusqu’à écoulement de la marchandise. Je fais ce commerce pour satisfaire mes enfants et aider mon mari dans les moments durs. Donc je demande à toutes les femmes qui sont à la maison les mains dans le ventre, de faire comme nous qui sommes dans le marché. C’est vrai que certaines sont empêchées par leur mari mais d’autres refusent. Nous qui vivons de ce que nous gagnons par jour n’avons ni de fête ni de férié, même pendant les fêtes religieuses nous sortons chercher le pain quotidien, » dixit elle.

APD