Grève des enseignants en Guinée : « Je vais vous donner la vraie information sur le cas du viol là…» dixit M. Soumah Aboubacar

Depuis des semaines maintenant, l’école guinéenne est perturbée par des mouvements de grève des enseignants des écoles publiques. Des échauffourées ont été enregistrées un peu partout dans la capitale Conakry, faisant des dégâts matériels et deux morts. Le ministre chargé de l’enseignement avait annoncé le viol d’une élève par un enseignant, qui se serait déroulé pendant la grève.

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Nous avons pu joindre au téléphone, le meneur de la grève, le syndicaliste M. Aboubacar Soumah, qui a rejeté toute responsabilité sur cet acte de viol. « Je vais vous donner la vraie information sur le cas du viol là, il a eu lieu un mois avant le déclenchement de la grève. C’est le ministre qui a mis ce cas de viol pendant cette période de grève. Tout le monde est au courant de ça, tous ceux qui sont dans la zone où la chose a eu lieu. Moi je ne connais pas l’enseignant qui l’a fait, mais la fille et le ministre qui l’a annoncé peuvent le connaître. Il a annoncé ça juste pour salir le mouvement, » dixit M. Soumah.

Parlant des incidents qui se sont déroulés ces derniers jours, M. Soumah affirme que les écoles privées ne les concernent pas, mais pour les écoles publiques, « nous avons demandé à tous les enseignants de rester à la maison et demander aux parents d’élèves de garder leurs enfants. Nous n’avons demandé à personne de sortir manifester. Ce sont ceux qui ont dit aux élèves d’aller à l’école qui ont causé ces manifestations. »

M. Soumah fait appel à ces alliés « j’invite tous les enseignants à ne pas se prêter à la désinformation qui est en train de se dérouler maintenant à travers les antennes d’une télé qui est en train de truquer les images, comme quoi les élèves sont en classe avec les professeurs. Ce sont des images purement fallacieuses qui sont de nature à déstabiliser notre mouvement ».

Pourtant ils courent un risque, mais le syndicaliste laisse croire que « s’ils disent qu’ils vont licencier les enseignants qui ne sont pas partis en classe, ils vont licencier tous, de Conakry à Yomou, car personne n’est parti, » a-t-il dit.

Pour la reprise des cours, M. Soumah reste désolé avec ces mots, « nous sommes loin de la reprise. La grève se tiendra jusqu’à ce que nous soyons satisfaits. »

Aminata Pilimini Diallo