Journée de la fille : le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, une relève assurée ?

La journée internationale des droits de la fille qui est une initiative de Plan Internationale, est célébrée le 11 octobre de chaque année dans tout le monde entier, depuis 2011. Elle a été initiée pour pallier à la violence des droits des enfants. Cette année le thème des Nations Unis est « Avec elle : encourager l’instruction et la qualification professionnelle des filles ». Pour en parler, trois filles du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée CJFLG, ont donné leur opinion au micro de actu-elles.info.

Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée

Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée

Aminata Abass Doumbouya âgée de 17 ans, étudiante en licence 2 journalisme, secrétaire chargée à l’information et à la communication du CJFLG, nous apprend ceci, « il y a 7 ans de cela qu’on organise cette journée de la jeune fille, je suis donc heureuse, car c’est pour prévaloir nos droits et exprimer une fois de plus ce qu’on attend du gouvernement. Ce qui est un peu triste et regrettable dans cette célébration, est qu’à chaque fois on célèbre cette journée, mais jusqu’à présent on n’arrive pas à avoir une solution meilleure pour le respect de nos droits ».

Alors ce qui doit être fait pour le respect de leurs droits selon Aminata Abass, « aux parents, parce que ce sont eux les garants de notre vie et de nos droits, ils doivent accepter de communiquer avec nous, nous accompagner dans tout ce que nous faisons, nous scolariser parce que tout passe par là. Si on n’est pas scolarisée on ne sera pas là où nous sommes aujourd’hui. Je lance un appel aux membres du gouvernement parce que c’est à eux que la vraie responsabilité revient, puisque ce sont eux qui mettent en place les règles. Pour l’harmonisation, la vulgarisation et l’application stricte des lois, il faut que les coupables de toutes sortes de violences sur les filles soient punis. »

Hadja Aissatou Barry a 11 ans, elle fait le collège et est la présidente du groupe thématique « mariage précoce » du CJFLG, pour elle cette journée est un grand jour. « Je suis très heureuse qu’il y aient des activités qu’on mène pour cette journée. Je suis tout de même choquée par les mariages précoces, la maltraitance des filles, l’excision et la non-scolarisation de la jeune fille, qui existent toujours dans notre pays bien qu’on a notre journée à nous. »

Pour que ces violences sur les filles cessent, Hadja Aissatou estime qu’il faut d’abord scolariser les filles, les éduquer à la maison. Etant si jeune, elle souhaite d’abord bonne fête à ses amies et leur demande d’aller à l’école, au lieu de sécher les cours pour partir se promener ailleurs.

Foulématou Camara est la secrétaire chargée aux affaires extérieures du CJFLG, elle a 20 ans étudiante en licence 2, elle exprime son cri de cœur. « Quand on prend la situation de la jeune fille guinéenne comparativement aux autres pays, c’est un peu déplorable. On constate ici que le taux de filles scolarisées au primaire est estimable, mais au collège on ne les voit plus. Pourquoi ? Parce que le mariage des enfants bat son record. Quand on parle de mariage des filles, nous sommes à 54%, sixième pays dans le top 10, c’est grave. L’excision, nous sommes deuxième, je peux dire premier d’ailleurs car la Somalie n’a pas de gouvernement, pourtant la Guinée est un pays bien structuré, » déplore Foulématou.

Elle attire l’attention des jeunes filles, car pour elle il faut réclamer ses droits mais il faut d’abord respecter ses devoirs. « Aux jeunes filles de faire du sérieux, d’étudier parce que si tu n’as pas de formation, tu n’es pas bien formée tu ne pourras rien faire. Et quand on te donne un poste parce qu’on te connaît et non pas parce que tu es compétente, c’est grave, car tu ne pourras pas assumer. Pour les grossesses non désirées, une chose qui fait peur aux parents et qui les pousse à donner leurs filles en mariage, que ces parents comprennent qu’ils sont d’une part la cause. Parce qu’il n’y a pas l’éducation sexuelle entre mère et fille, entre père et fils, » a-t-elle conclut.

À noter que leur club se bat surtout contre les mariages précoces et forcés, dans tout le territoire guinéen. Mais aussi elles s’impliquent dans la lutte contre toute sorte de violence sur les filles de leur pays.

Aminata Diallo