Journée internationale des droits des femmes : hommage à M’Balia Camara

Déjà 61 années , disparaissait dans des conditions atroces, l’une des plus grandes combattantes de la liberté du monde, M’Balia Camara. Icône féminine de la résistance au système colonial dès les premières heures de lutte pour l’accession à l’indépendance de son pays, M’Balia fût sauvagement assassinée en état de grossesse, pour son engagement en faveur de la reconquête de la dignité et de la liberté du peuple colonisé de Guinée.

M'Balia Camara

M’Balia Camara

De coutume à l’époque, dans les cantons et villages du pays, les responsables locaux exploitaient les populations, les surexploitaient démesurément. Une taxe était perçue deux fois par an. Coincé, le peuple ne pouvait que faire face aux oppresseurs. D’où des foyers de révolte partout dans les villages.

Malheureusement pour un certain David Sylla, le PDG-RDA était déjà à Labaya. Il était dirigé par un certain Thierno Camara dit Thierno «clairon›› ancien combattant et mari de M’ Balia Camara, responsable du comité des femmes du PDG de Tondon. Cette dernière entretenait des rapports cordiaux et respectueux avec les habitants de la localité. Grande animatrice des manifestations populaires, elle était aimée de tous.

Le refus de la population de Bambaya dont dépendait Posseah, village natal de M’ Balia Camara, de continuer à payer l’impôt 2 fois par an, fut le prétexte du massacre du 9 février 1955. M’Balia Camara, en grossesse très avancée fut éventrée. Transportée à l’hôpital Ballay (actuel Ignace Deen), après avoir accouché le 11 février d’un enfant mort – né, ne put survivre à la blessure mortelle. Elle rendit l’âme le vendredi 18 Février 1955. Ahmed Sékou Touré porta lui-même le cercueil de l’illustre disparue à sa dernière demeure.

C’est ainsi que M’Balia Camara entra dans l’histoire de sa nation en héroïne. Sa dépouille mortelle repose aujourd’hui parmi les autres Héros de la nation au mausolée dans la grande cour de la mosquée fayçal.

MBalia fut assassinée, mais ne mourût pas, elle ne mourra d’ailleurs jamais, son sacrifice et son modèle ont inspiré, et inspirent aujourd’hui encore plus d’une en Guinée et en Afrique. Ce faisant, d’autres braves femmes guinéennes et africaines se sont aussi illustrées sur la scène nationale et internationale. C’est d’ailleurs une occasion de saluer le courage et la bravoure de celles-ci.

M’Balia Camara est née en 1929 à Posseah dans un village de la sous-préfecture de Tondon, préfecture de Dubréka et a été assassinée le 9 février 1955 par le Chef de canton de Labaya (Tondon) Almamy David Sylla.

Repose en paix M’Balia Camara.

Aminata Diallo