Koweït : un guinéen s’adresse au gouvernement sur ce rêve de certaines guinéennes devenu cauchemar

Depuis quelques mois, des plaintes et preuves montrent que de jeunes femmes guinéennes vivent la misère au Koweït. Elles étaient parties pour pouvoir fuir la pauvreté mais ont été accueillies par la souffrance. Le phénomène inquiète plusieurs guinéen-es, pour ce, M. Mamadou Barry nous a envoyé un texte dans lequel il analyse la situation et s’adresse au gouvernement. Lisez !

Mamadou Barry

Mamadou Barry

« Elles ont fuit la misère, Koweït leur a réservé le supplice de Tantale.
La Guinée comblée par la nature, pour ses richesses immenses et variées, elle occupe le haut du pavé. Depuis longtemps, des compagnies minières se succèdent et exploitent nos terres, curieusement, la famine nous tenaille, les retombées ne profitent qu’à une minorité, un cercle réduit aux décideurs élargi à leurs progénitures. Ils font preuve d’une ingéniosité hors-pair pour défendre les intérêts individuels au grand dam du salut collectif. L’action publique  n’impacte pas positivement le quotidien de la majorité écrasante, l’espoir s’effiloche tous les jours, et le pouvoir d’achat du guinéen lambda se rétrécit comme une peau de chagrin.

L’idée de partir à envahi tous les cœurs, bien que le chemin de l’exil soit caillouteux, et bien que beaucoup y aient trébuché, les frères et sœurs guinéens l’empruntent à la recherche d’un ciel plus clément.
Nos sœurs aussi se lancent dans cette aventure  incertaine, leur situation suscite réflexion et inquiétude, le deuxième sexe souffre d’une vulnérabilité raison évidente pour le couvrir socialement.  Respectueux par essence, laisser cette catégorie à la merci des » esclavagistes « koweitiens » relève d’un terrible cynisme. Le gouvernement doit sortir de son inertie coupable pour s’ériger en bouclier de ses filles.

Tout gouvernement conscient de son devoir ne peut pas se soustraire à l’obligation de défendre ses compatriotes où  qu’ils soient.
Ces sœurs exposées à une pratique d’un autre âge méritent une vie décente, malheureusement leur pays d’accueil ne leur a offert que déception  et déshonneur. Il les a fait subir les derniers outrages.
Chers gouvernants ayez un regard attendri sur ces sœurs, elles ont fuit parce qu’à l’interne, elles mènent une existence rythmée de difficultés, et vous en êtes responsables. Elles sont sevrées du mieux vivre dans leur propre pays, vous êtes indexés, alors rachetez vous et ramenez nos sœurs ».

Espérons que les autorités prennent les choses en main et sauvent toutes et tous les guinéen-nes exilé-es qui vivent le calvaire chez les autres.