L’afro-féminisme est-il différent du féminisme occidental ?

Valérie Masumbuko
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Le féminisme est une tendance preconisant l’independance des femmes et l’amelioration de leur situation, ou tout simplement, un combat pour les droits des femmes. Il est rependu dans le monde entier, dans toutes les communautés et suscite des débats . Si l’occident a son féminisme, des africaines prônent pour le féminisme africain. La rwando-burundaise Mme Valérie Nyara Masumbuko, est l’une des africaines qui prônent le féminisme africain, elle dit être afro-féministe.

Pour elle, l’afro-féminisme est aussi un combat comme le féminisme. « C’est-à-dire au départ il y’a les droits des femmes qui sont bafoués, mais quand on va par exemple en occident, on se rend compte que le féminisme tel qu’il est présenté c’est un féminisme blanc, c’est un féminisme qui fait fi de nos valeurs en tant qu’africaines. Moi je pense par exemple, je suis féministe, mais je suis mère et je peux être aussi femme au foyer si je veux. Donc tout ça c’est des choses que le féminisme blanc ne considère pas. »

Valérie Masumbuko

Mme Valérie a un master en genre, elle a travaillé avec les Nations Unis dans le domaine du genre. Elle se base sur des exemples pour comparer le féminisme dont elle prône et celui des autres.

« La deuxième chose, c’est qu’on voit que le féminisme blanc se battait pour les droits en général, mais si on est par exemple aux Etats Unis, les noirs ont d’autres problèmes. Ils ont le problème de sexisme et aussi le racisme et cette problématique n’était pas inclue. Donc nous on se dit que ces valeurs là doivent être inclues. C’est-à-dire moi ce que je prône c’est la reconquête des droits des femmes, mais sans briser l’harmonie de nos familles, sans briser l’harmonie de nos communautés et essayer de trouver un équilibre aussi entre nos valeurs. C’est-à-dire que tu peux être féministe et être une femme, une bonne épouse, ce n’est pas mutuellement exclusif. »

De continuer, elle prend exemple sur les noirs américains. « Donc dans chaque combat social il y a des extrêmes bien sûr, comme par exemple dans le mouvement d’émancipation noir il y avait Malcom X, mais il y avait aussi Martin Luther King. L’un représente le modéré et l’autre représente l’extrémiste. Donc moi je me positionne comme libérale, c’est-à-dire que je veux seulement que les femmes aient leurs droits, mais en même temps quand je suis en occident, je me bats pour que les femmes n’excluent pas leurs valeurs. Parce que l’Afrique aussi a de belles valeurs. »

Mme Valérie Masumbuko est africaine d’origine, elle a une nationalité belge mais défend ses valeurs africaines en se focalisant sur les femmes. Elle a un objectif de ressortir l’histoire des femmes africaines, en retranscrivant leurs biographie et vie dans des livres. Elle a fait un premier sur la femme de Diallo Telly, Mme Kadiatou Diallo dans son livre « Destin de cheffe ».

Si la position de Mme Valerie sur le féminisme se joint aux propos d’une volontaire des Nations-Unis aux droits de l’Homme, qui disait que « le féminisme dépend des réalités de chaque société », alors le féminisme africain et celui occidental n’ont pas forcement les mêmes soucis. La féministe sénégalaise Fatou Sow, dans une interview avec decadree.com soutient que « la définition du féminisme n’a rien de figé ou d’immuable; elle varie selon les contextes, les époques et surtout les besoins des individus et des groupes« .

Aminata Diallo

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