Menace sur le monde médiatique : un agent de sécurité tabasse un journaliste

Très fréquemment les journalistes guinéens sont l’objet de menaces, ils sont malmenés par tous, surtout par les forces de l’ordre. Les reporters en exercice de leur fonction reçoivent des injures, des bastonnades, des humiliations ou voient leurs matériels mis en pièces, par des hommes en tenus, que ça soit dans des manifestations, des matchs sportifs, des rencontres ou autres. Ce cas d’un journaliste sportif en est l’illustration.

20150706_142824Amadou Labaya Camara de la radio Continental FM, a reçu des coups venant d’un policier stagiaire. Voici son témoignage, « cette journée a été une mauvaise journée pour moi. J’ai été agressé, blessé et même humilié devant un public bon enfant. C’est quand nous étions en train d’attendre les entraineurs et capitaines des équipes, pour avoir leur propos, qu’il y a eu un de nos confrères qui voulait faire rentrer des gens, alors on s’est opposé et c’est sure que c’est a dans ce sens que le policier m’a repérer. Lorsque notre ami est parti, le policier est venu vers moi en me traitant de tous les mots. Finalement il m’a dit il faut foutre le camp, puis j’ai riposté. Sans m’y attendre, j’ai reçu un coup sur le visage, je me suis évanouie, ce sont les confrères m’ont sauvé » explique-t-il avant d’ajouter, « La police n’a rien dit sur mon agression, les autorités sportives n’ont rien fait ».

L’Association pour la défense des journalistes en danger, qui a pour devise Liberté, Défense et Accès à l’Information, a jugé nécessaire de parler de cette menace. « Nous déclarons par le numéro 0013/004/01/2015, le journaliste Amadou Labaya Camara de la radio continentale FM de l’association de la presse sportive guinéenne, a été giflé par un élève stagiaire policier lors du match l’AS Kaloum contre Horoya, dimanche 28 juin 2015 au stade du 28 septembre, » déclare Keletigui Camara secrétaire exécutif de l’association pour la défense des journalistes en danger.

Par ailleurs, l’association condamne les coups et blessures sur le journaliste Labaya par un policier, malgré le fait qu’il soit muni de ses pièces d’identité attestant qu’il est journaliste et qu’il est permis de couvrir le match du jour. « L’association exhorte les journalistes à cultiver entre eux la confraternité, en vue de mieux surmonter dorénavant ce genre d’incident qui terni l’image de l’Etat de droit que nous ambitionnons pour notre pays. Nous demandons au ministère de la sécurité et la protection civile, d’envisager des mesures pour mieux encadrer l’intervention des services de maintien d’ordre sur le terrain. Nous rendons responsable, le Lieutenant Emile et son élève policier de la compagnie mobile d’intervention de la sécurité de la perte de l’usage de l’œil de Labaya, » conclu le secrétaire exécutif.

Pourtant, Thomas Jefferson 3è président des États-Unis avait dit « Je préfère une presse sans gouvernement à un gouvernement sans presse ». C’est dire qu’aucun Etat ne peut exister sans les médias.

Aminata Pilimini Diallo