Nouvel an musulman : une fête religieuse mais aussi traditionnelle.

Le nouvel an musulman ou Mouharram indique le premier jour de l’hégire. L’an un qui correspond a l’an 622 du calendrier occidental est une fête musulmane du calendrier hégirien. Alors cette année de 2015 correspond à l’an 1436. En Guinée elle est fêtée religieusement et traditionnellement par tous les musulmans d’ethnies confondues.

Mosquee-senegalaiseUne fête plutôt célébrée la nuit par des danses et des chants accompagnés par des cadeaux, contrairement aux fêtes de ramadan et de tabaski. Une fête qui pousse tous les guinéens à faire la cuisine vers la soirée, pour que tous mangent bien la nuit, car disent certains « les anges viennent la nuit pour peser les gens, donc si tu n’as pas bien mangé pour être lourd tu iras avec eux », « si tu ne mange pas bien cette nuit de Mouharram, tu ne mangeras pas bien durant toute cette année ». Ceci dit, il faut bien manger !!!!

A part la nourriture, les enfants mais aussi certains adultes et même des vielles personnes, passent de maison en maison pour chanter. Chanter et danser au rythme des applaudissements ou des bols, des bassines remplies d’eau et des boites de conserves vides. En retour, des cadeaux comme l’argent, le riz, le mais ou le fonio les sont offerts. Bien que certaines personnes ne donnent rien, alors ils sont souvent victimes de jets de pierres sur leur porte, un acte fait le plus souvent par les enfants. Ces mêmes enfants s’attaquent entre eux dans des bagarres qui sont parfois accompagnées de piments en poudre ou en liquide. C’est ça aussi être un enfant africain !!!

Les trois plus grandes ethnies musulmanes en Guinée ont chacune leur chanson et leur façon de faire. Les soussous chantent ainsi, « yoliyoli yoo badara mamaya gnakhounn…. ». Les peulhs, « sooro yamba yo sooro yamba handai ko djouldai yoo…. ». Et les malinkés, « yombeintai saali lédi… ».
Apres la fête, le lendemain il faut se laver avec une eau pure « car c’est une nouvelle année, donc une nouvelle eau » dixit Mère Bobo. En suite il faut aller saluer les voisins, les parents et amis.

Cependant l’engouement de cette fête qui commémore le nouvel an musulman, a tendance à disparaitre dans la capitale guinéenne peuplée majoritairement de musulmans, pour laisser la place au 1er janvier du calendrier occidental.

Aminata Pilimini Diallo.