Nouvelles femmes ministres guinéennes : voici leurs parcours

La nouvelle équipe gouvernementale guinéenne est composée de 33 membres dont 7 femmes soit un taux de représentation féminine de 21,21 %, une première en Guinée. Parmi ces 7 femmes, 5 sont nouvelles. Qui sont-elles ? Lisez !

Jusqu’alors Secrétaire générale au ministère des Travaux Publics, Oumou Camara, 55 ans, ingénieure en génie civil, option Ponts et chaussées, a été nommée ministre des Travaux Publics. Elle possède une expérience professionnelle de 25 ans, acquise en totalité dans le domaine des infrastructures (routières, scolaires, hospitalières, sanitaires, etc). L’entrée au gouvernement d’Oumou Camara s’inscrit aussi dans la concrétisation de l’engagement du Président Alpha Condé à promouvoir l’accès de femmes compétentes à des postes à haute responsabilité : la nouvelle ministre des Travaux Publics figure en effet parmi les sept femmes de la nouvelle équipe gouvernementale, auxquelles reviennent des ministères importants.

D’avril 2014 à décembre 2015, Oumou Camara a occupé le poste de Secrétaire générale au ministère des Travaux Publics. Elle a, en plus de ses attributions de coordination des activités techniques et administratives du ministère, activement œuvré pour la mise en œuvre des projets de réformes, parmi lesquelles l’élaboration et le démarrage d’un Programme d’Appui Institutionnel aux ministères des Travaux Publics et des Transports sur financement de l’Union européenne (UE).

D’octobre 2003 à avril 2014, elle a été Chargée de programmes d’infrastructures et de service, à la délégation de l’UE à Conakry. Au sein de l’institution, sa carrière a été principalement consacrée à la gestion des projets et des programmes d’infrastructures sur le plan technique, administratif et financier. Elle a notamment contribué au processus d’élaboration des documents de stratégie de coopération avec la République de Guinée et participé à la préparation et à la mise en œuvre de plusieurs projets, financés par les bailleurs de fonds comme la Banque Mondiale, l’Agence Française de Développement et l’UE.
De 1993-2000, Oumou Camara a exercé en qualité d’enseignant-chercheur chargée des cours et Chef de Laboratoire Géotechnique et matériaux de construction à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, au sein du Département Génie Civile.

Née en 1960 à Siguiri, elle est diplômée du Département de Génie Civil de l’Université de Conakry. Au titre de formations et de séminaires post-universitaires, elle a notamment participé en octobre 2015, au Maroc, à la 8ème édition du Forum Africain des Infrastructures sur le thème « Coopération Sud-Sud et relais du développement des infrastructures de transport », ainsi qu’à divers séminaires régionaux dans le domaine des infrastructures.

Activement engagée dans le renforcement de la formation des jeunes et des femmes en Guinée, Oumou Camara est Membre cofondateur de l’Association des Femmes Ingénieurs de Guinée.
Christine Sagno, une environnementaliste expérimentée, au poste de ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts

christine sagnoSpécialiste de la protection de l’environnement, de la faune et de la flore, et haut cadre de l’administration guinéenne, Christine Sagno, 58 ans, a été nommée ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts.

Christine Sagno a occupait le poste d’Inspectrice Générale Adjointe au ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts de mai 2014 à décembre 2015. Elle était auparavant, de 2004 à 2011, Directrice Nationale des Eaux et Forêts. Ecologiste expérimentée, elle a été Chef de Division Faune et Protection de la Nature (DNEF) de 1998 à 2004,

Assistante au Projet de conservation des chimpanzés en Guinée (DNEF) de 1995 à 1997, ainsi que Directrice Adjointe des Espaces Verts de Kissidougou de 1982 à 1985 et Stagiaire dans la Ferme agro-pastorale de Kissidougou (FAPA) de 1981 à 1982.

Née à N’zérékoré en 1957, Christine Sagno est titulaire d’un Diplôme d’Etudes Supérieures (DES) de l’Institut Polytechnique de Kankan obtenu en 1982. Dans le cadre de sa formation post-universitaire, elle est également titulaire qu’un Diplôme d’Etudes Académiques (DEA), spécialisation faune et flore, obtenu à Garoua (République du Cameroun) en 1991.

Au cours de sa carrière, Christine Sagno a également participé aux principales conférences sous-régionales et internationales dans le domaine de la protection des forêts, de la faune et de la flore, et du développement durable, notamment : l’Atelier sur l’Evaluation de l’Arrangement International sur les Forêts (AIF), à Nairobi au Kenya en février 2014 ; l’Atelier sur les Changements Climatiques en Afrique de l’Ouest, à Ouagadougou au Burkina-Faso en octobre 2013 ; l’Atelier sur le Mécanisme de Financement de la Gestion Durable des Forêts, à Addis-Abeba en Ethiopie en juin 2013 ; la 10ème session du Forum des Nations Unies sur les Forêts, à Istanbul en Turquie en avril 2013 ; l’Atelier sur le financement des Forêts et la gestion durable des ressources forestières en Afrique, à Dakar au Sénégal en décembre 2012 ; ou encore la Réunion des Experts du Forum et la Conférence des Nations Unies sur le financement des Forêts, à Nairobi au Kenya en septembre 2010.

Mama-Kanny-DialloEconomiste guinéenne spécialiste du développement, ayant carrière au sein de plusieurs grandes institutions internationales, Mama Kanny Diallo, 63 ans, a été nommée au poste de ministre du Plan et de la Coopération internationale.

Avant de rejoindre le gouvernement guinéen, Kanny Diallo a occupé le poste de Chargée de développement des capacités en chef de l’Institut africain de développement (IAD), au sein de la Banque africaine de développement (BAD), de 2005 à 2015.

De 1995 à 2005, elle a été Economiste principale du Département des opérations région Nord (Tunisie, Maroc, Egypte, Soudan, Libye), au sein de la BAD. De 1986 à 1994, elle avait occupé plusieurs postes au sein de divers départements de la même institution, en qualité d’Economiste supérieure puis de Chargée de programmes.

Elle a débuté sa carrière en 1981 en tant qu’Assistante technique au Conseil d’administration et au département Afrique du Fonds monétaire international (FMI) à Washington DC, puis comme Assistante de recherche au sein de la division de la Dette extérieure, Département des projections et des analyses macro-économiques de la Banque mondiale, à Washington DC, de 1985 à 1986.

Née en 1952 à Labé, Kanny Diallo est titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA), spécialisation en Finance et Commerce international, de l’American University à Washington DC (1983-1985) et d’une Maîtrise en Sciences Economiques, spécialisation en Relations internationales et Développement, de l’Université Paris X-Nanterre (1980-1981). Dans le cadre de la formation post-universitaire, elle a obtenu un Certificat en Programmation financière de l’Institut du FMI (2004), un Certificat en Politique, Réforme institutionnelle et Développement durable de l’Institut Multilatéral africain (1999), ainsi qu’un Certificat en Gestion macroéconomique de l’Harvard Institute for International Development de l’université de Harvard (1992).

makale camaraPar son expertise et son engagement sur le terrain de la diplomatie, en faveur de la paix et de la sécurité, du dialogue politique, du droit du travail, de l’emploi et de la promotion des femmes, Makalé Camara, 59 ans, figure parmi les personnalités du nouveau gouvernement guinéen. . Elle est nomée au poste de ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger.

Avec 35 années d’expérience professionnelle au sein de l’administration guinéenne et de la société civile, Makalé Camara est une diplomate chevronnée, juriste de formation ayant travaillé au renforcement du droit du travail en Guinée, ainsi qu’une figure de la société civile guinéenne, engagée au service du dialogue politique et social et de la promotion des femmes.

De 2012 à décembre 2015, elle a occupé le poste de Secrétaire Générale du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires en Guinée (REFAMP/G), structure créée en 1997 dans tous les pays africains sur proposition des Nations Unies. En 1997, elle avait déjà été nommée à ce poste, devenant ainsi la première Secrétaire Générale du REFAMP/G. A cette fonction, elle a, dans le cadre de la lutte contre Ebola et sur invitation de la Ministre des Affaires Sociales, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, mené plusieurs délégations pour des campagnes de sensibilisation dans les marchés, débarcadères, mosquées, écoles et autres lieux de regroupement, afin de prévenir la diffusion de l’épidémie au sein des populations les plus vulnérables.

En mars 2015, elle a participé, à l’invitation de l’UAF-Africa, à la rencontre à Harvard University d’Eminentes Femmes Africaines sur leur rôle en faveur du renforcement des droits des Femmes, vingt ans après la Conférence Mondiale des Femmes à Beijing. Fin mars 2015, elle est également intervenue à la 59e Session de la Conférence Internationale des Femmes. En avril 2015, elle a créé le mouvement de Femmes et de Jeunes de Guinée pour la Paix (FEMJEUGUIP) pour aider au dialogue entre les acteurs politiques concernant le calendrier électoral.

En novembre 2015, à l’occasion des Journées portes ouvertes sur la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, Ibn Chambas, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, l’a invitée à intervenir sur « l’Implication des Femmes dans le Dialogue Politique en Guinée ».

De 2007 à 2011, Makalé Camara a été Ambassadrice Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Guinée en France, en Espagne, au Portugal et à Monaco. Résidente à Paris, elle a été Déléguée permanente à l’UNESCO, Représentante à la Francophonie et au BIE. Elle a animé plusieurs rencontres sur les questions de co-développement, des opportunités d’investissement en Guinée. Elle a été membre du Partenariat Eurafricain.

De 2002 à 2007, Makalé Camara a été Ambassadrice Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Guinée au Sénégal, en Gambie, au Cap-Vert et en Mauritanie. Elle a aussi procédé au rapprochement entre la République de Guinée et la République de la Corée du Sud, par la signature d’un accord d’établissement des relations diplomatiques et d’autres accords de coopération. Elle a procédé à cette signature en août 2006 à Séoul, en présence de Ban Ki-Moon, alors ministre des Affaires Etrangères de la République de Corée.

De 1997 à 2002, Makalé Camara a été Secrétaire Générale du REFAMP/G. Alors que la guerre persistait au Libéria et en Sierra Léone, le REFAMP/G a organisé, à son initiative, une Conférence sous-régionale sur l’Implication des Femmes dans la prévention et la gestion des conflits en Afrique de l’Ouest, en janvier 2000 en Guinée. Cette conférence, première du genre en Afrique de l’Ouest, a rencontré un franc succès. A travers le REFAMP/G, Makalé Camara s’est largement investie dans les actions de maintien de la paix et de solidarité envers les refugiés et les personnes déplacées. Dans le cadre de ses activités au sein de la société civile, elle a participé à de nombreux forums sur la paix et la sécurité, la bonne gouvernance, la stabilité sociale et le développement durable.

De 1994 à 1996, Makalé Camara a occupé le poste de ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et des Forêts. Elle a simultanément été membre du Comité de Coordination Economique et Financière (CCEF), chargée de la politique économique du Gouvernement et des négociations avec les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. A ce poste, elle a mené des projets de développement pour les populations.

De 1992 à 1994, Makalé Camara a occupé le poste de Secrétaire d’Etat aux Affaires Sociales, à la Promotion Féminine et à l’Enfance. A l’issue de sa prise de contact avec les organisations féminines de la Guinée, elle a mené une étude portant analyse des freins et vecteurs d’appui pour une meilleure prise en compte des activités de la couche féminine. A la préparation de la Conférence Mondiale des Femmes de Beijing, elle a assumé la Présidence du Comité National Préparatoire de la Conférence Régionale de Dakar en 1994.

Née en 1956 à Mamou, Makalé Camara est diplômée de l’Université de Conakry, avec un Master en Droit du travail en 1980. Elle a suivi plusieurs formations au Bureau International du Travail (BIT) et à la Direction du Travail à Paris. Humphry Fellow, elle a également suivi une formation en Relations Internationales et Gestion du Développement pendant un an à American University à Washington en 1984.
Makalé Camara est membre, au niveau national, du Comité de Pilotage de la « Lutte contre les Mutilations Génitales ». Makalé Camara est Chevalière de l’Ordre National du Mérite depuis juillet 2008.

malado kabaMalado Kaba, une experte internationale confirmée en macro-économie et en administration de projets, nommée ministre de l’Economie et des Finances

Avec 18 ans d’expérience professionnelle au sein d’institutions et d’organisations internationales de référence, Malado Kaba est une experte en macro-économie et en finances publiques, ainsi qu’une administratrice de projets confirmée, notamment dans la mise en œuvre de programme de réformes du secteur public.

Avant de rejoindre le gouvernement, Malado Kaba a occupé le poste de directrice-pays pour la Guinée pour la fondation Tony Blair Africa Governance Initiative (AGI), de juin 2014 à décembre 2015. Basée à Conakry, elle a dirigé une équipe dont l’action contribue à aider le gouvernement à traduire sa vision de développement en des programmes concrets pour les populations et à soutenir le renforcement des capacités institutionnelles.

Elle a passé la majeure partie de sa carrière professionnelle à la Commission européenne dans le domaine du développement.

Au sein des départements économiques des délégations de l’Union européenne (UE) en Afrique et dans les Caraïbes, elle a géré d’importants programmes de soutien macroéconomique, d’appui institutionnel et de développement social.

En Afrique du Sud, à Pretoria, au sein de la section « Economie et infrastructure » de la délégation de l’UE, elle a notamment été chargée de l’analyse macroéconomique, du suivi des questions globales et du dialogue macroéconomique (G-20) dans le contexte du Partenariat UE-Afrique du Sud, des questions de transparence budgétaire, ainsi que de la gestion opérationnelle de programmes de réformes du secteur public.

En Guinée et en Jamaïque, Malado Kaba a géré de nombreux programmes de développement totalisant plus de 100 millions d’euros dans les domaines de l’appui budgétaire, la santé, l’éducation et la décentralisation. Elle a acquis une solide expérience dans le domaine de l’analyse économique et budgétaire, ainsi que dans l’administration de projets de développement. Elle a également supervisé les travaux de plusieurs départements au sein de ces délégations dans le cadre du suivi-évaluation et de la programmation des appuis financiers octroyés par l’UE.

Conseillère attachée au cabinet du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan de la République de Guinée de 1996 à 1999, elle a notamment travaillé sur l’analyse macroéconomique et le suivi mensuel de l’exécution des dépenses publiques, et les rapports de synthèse pour le conseil des ministres. Elle a été chargée du suivi du cadre de dépenses à moyen terme et d’un projet de renforcement des capacités, des relations avec la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale, ainsi que du Suivi de la gestion de la dette.

Après un DESS en économie du développement obtenu en 1994 à Paris-Ouest Nanterre la Défense, Malado Kaba a effectué un stage au ministère de la Coopération en France, dans le Département des Appuis Economiques et Financiers. En 1996, elle a rejoint le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan de la République de Guinée et n’a cessé de se consacrer aux questions de développement.

Source zoneafrique.net