Politique en Guinée: les réseaux sociaux, le nouveau champ de bataille?

politique et reseaux sociaux (credit photo google
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Ces dix dernières années, la Guinée est un pays caractérisé par des débats politiques au quotidien. Dans les kiosques, les marchés, les transports en commun, en famille, entre amis, les médias et les réseaux sociaux, partout, ça parle politique plus que tout autre chose.

politique et reseaux sociaux (credit photo google

Il n’y a pas un beau matin qu’on n’entende pas un politicien à la radio, ou qu’on ne lise pas dans les journaux qu’un tel ou une telle a dit ou fait ceci ou cela, le tout se verse sur Facebook, le réseau social le plus utilisé par les guinéen.nes, ou encore sur tweeter là où on peut identifier un.e politicien.ne et avoir la chance d’échanger avec lui/elle.

Des exemples ne finissent pas, le remaniement ministériel récent en est un. Des publications sur Facebook ont permis à certains internautes de savoir qu’il y aura un changement dans le gouvernement et que même le premier ministre serait reconduit. Dès après le décret, le débat était houleux sur cette plateforme devenue le lieu de discussion des analystes politiques, des militants et partisans des partis politiques ainsi que des observateurs.

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Une tendance qui ne fait pas plaisir à bon nombre de facebookeurs, en tout cas pas ceux et celles qui pensent que le débat politique sur Facebook est plus dangereux qu’avantageux. De l’autre côté, ça arrange des militants et partisans érigés en “communicants politiques”. Ces internautes qui vivent de la contradiction sur les réseaux sociaux, politiquement parlant.

Certains politiciens, y compris le président de la république et même le plus grand opposant  de celui-ci, utilisent des plateformes sur le net pour  passer certains messages. Une manière de susciter le débat dans les commentaires mais aussi ailleurs, sur des pages et des groupes politiques. Des débats qui partent dans tous les sens, allant jusqu’à être victimes de ce qu’on appelle de nos jours des “fake news”.  Au pire, ces hommes et femmes politiques se voient dans des vidéos “sextapes”, ou encore en images de nudité. C’est aussi ça la politique sur les réseaux sociaux, la guerre des mots ou d’images, quand il s’agit de nuire le camp adverse pour le bien de son parti.

Des phénomènes qui ont amené le gouvernement à penser à la cybercriminalité, jusqu’à créer un département pour y veiller. Mais pour le moment en matière de politique, ce département reste inactif. Pourquoi? Parce que c’est la politique, c’est la Guinée ?

Souvent, le débat n’attend pas une élection ou une déclaration d’un.e quelconque politicien.ne, des internautes sont là pour créer le « buzz ». C’est clair donc qu’il y aura toujours débat! Des débats qui partent en fumée parfois, qui suscitent des injures et des frustrations, qui amènent certains à aller jusqu’en justice. Des cas récents le prouvent, où des politiciens ont porté plainte contre des internautes qui les ont attaqué dans des publications.

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Cependant, dans quelques mois, les choses sérieuses arrivent, la fameuse présidentielle. Cette dame qui séduit tout grand politicien ainsi que ses partisans et militants. Que faire pour réorganiser le débat pour ne pas causer l’irréparable ? Est ce qu’il faut former les journalistes ou encore les payer très bien pour ne pas violer l’éthique et la déontologie au détriment du « gombo »? Est ce qu’il faut revoir la politique guinéenne qu’on qualifie de politique « politicienne »? Faudrait-il former les membres de la société civile? Que faire pour éviter les fake news et les internautes qui mettent l’huile dans le feu? Entre les médias, les réseaux sociaux et les formations politiques, ou encore la société, qui doit on le plus sensibiliser pour que le débat politique ne fasse pas de dégâts?

D’ici là, l’avenir du débat politique en Guinée est incertain !

Analyse de Aminata Diallo, sous l’initiative de Search for Common Ground en collaboration avec le NDI (National Démocratic Institute) sur financement de l’USAID

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