Quand un sociologue dédie un poème aux femmes pour le 08 mars… important à lire

 

Journée internationale des droits des femmes, Elhadj Ousmane Baldé, sociologue et écrivain, fait parler sa plume en rendant hommage aux femmes du monde en général et celles de sa Guinée en particulier. Un poème à couper le souffle. Le voici!

Elhadj Ousmane Baldé

Elhadj Ousmane Baldé

« #JIF2017

#8Mars

Journée de la femme dit-on ?

Je ne serai point content

Tant qu’elles ont un demi-ton

Tant que l’homme cantonne

Tant que dans la maison

C’est le bâton

Tant qu’elles sont reléguées derrière

Telles des vomissons

Et ce même dans l’administration

Pourtant approchées nuitamment

Telles des lumières en plein noircissement

Accusées d’avoir une faible cogitation

Victime de déshumanisation

Mon cœur ne fait que saigner

Pour cette enfant surexploitée

Aujourd’hui, je chante

Pour cette femme qui enchante

Récompensée par moins d’attention vivifiante

De la torture mentale infantile aberrante

De celle physique bouleversante

Mes vers parlent d’une battante

J’espère qu’elle trouve ces lettres consolantes

Cette journée est plus qu’abstraite

Parce que l’application des droits est moins reluisante

La ségrégation liée au genre est étincelante

D’autres en font un fonds de commerce, chose révoltante

Des attitudes de certaines, pas rassurantes

Quand d’autres veulent élever la gent féminine

Parmi elles, certaines se rabaissent

8 Mars

Oui, le viol est une action vivante

L’exploitation sexuelle est poignante

La pédophilie, une réalité existante

Le silence forcé est récalcitrant

La société créée des êtres faibles, agaçant

Par une éducation biaisée

Dès à l’enfance, l’homme est formé

Pour inculquer dans sa tête qu’il est le rusé

On a tendance à faire de la femme, une risée

Celle qui élève le ton est vue comme femelle

Même si elle défend un droit inaliénable

Pourtant l’habileté n’a pas de sexe

Ceci n’est que le rallongement d’un complexe

L’excellence n’est pas exclusivement masculine

La capacité ne peut être qu’unisexe

A toutes ces femmes qui vendent du Bonga

A toutes celles qui sont vues comme l’Oméga

Même si elles font un double rôle

De celui de l’homme et le leur, elles accolent

C’est bon, je suis prêt à sécher mes larmes

Mais y a des conditions pour ranger mon arme

Qu’on calme le vacarme

Que soit appliqué le droit d’une façon ferme

Que soient sanctionnés

Les violences conjugales

Les viols/les discriminations du genre

L’exploitation de la p’tite fille…

Mousso de ma Guinée/Femme du Monde

Mère/sœur/femme/nièce

Ce bout d’écrit est pour toi ! »