Recrudescence des viols en Guinée : le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée tire la sonnette d’alarme

Logo du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée
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Le club des jeunes filles Leaders de Guinée est une organisation qui regroupe des jeunes filles de moins de 25 ans, pour la lutte contre les violences faites aux jeunes filles. Ce jeudi 02 juillet, elles étaient devant la presse pour parler du viol en Guinée, sous le thème « la recrudescence des viols en ce temps d’État d’urgence sanitaire ».

Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée

Pour aborder cette thématique elles se sont faites accompagnées par le commandant Bernard, qui est un partenaire qui accompagne leur combat contre les violences faites aux jeunes filles.

Dans un plaidoyer, ces jeunes filles notent ceci, « vous avez constaté avec nous que depuis que le gouvernement a décrété l’État d’urgence sanitaire, les victimes de viols sont devenues nombreuses à Conakry et dans les préfectures de l’intérieur du pays. Aujourd’hui nous sommes débordées par la gestion de ce phénomène tant à l’intérieur du pays avec nos antennes, qu’ici à Conakry. Nous avons au total 25 cas de viols. Sur ces 25 nous avons accompagné 15 jeunes filles victimes à la justice. Les autres n’ont jusqu’à présent pas accepté de dénoncer leurs violeurs, par peur d’être rejetées par leur famille, parce que le plus souvent le coupable est un membre de la famille de la victime.  La pression sociale et familiale est très forte et réduit plusieurs victimes au silence. Nous continuons tout de même à échanger avec ces 10 filles pour les amener à avoir le courage de dénoncer leurs violeurs à la justice. » Disent-elles.

Dans ce même plaidoyer, elles signalent que l’âge des victimes de viol varie de 2 à 16 ans. Et que ces victimes, sont exposées dans les familles, les voisinages, les lieux de cultes, les centres d’apprentissages et autres lieux.

Ainsi, le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée rappelle ceci « or la loi existante en Guinée, criminalise le viol sous toutes ses formes sans aucune distinction ni d’âge, ni de sexe, ni de couleur encore moins l’ethnie, à travers l’article 218 du nouveau code pénal. »

Alors, ces filles invitent tout le monde à jouer son rôle. « Nous voudrions inviter les parents à veiller sur les enfants, les jeunes filles en particulier. A intégrer l’éducation sexuelle dans l’éducation des jeunes filles et jeunes garçons. Aux institutions nationales et internationales, ainsi qu’au gouvernement guinéen, de faire de la lutte contre le viol une priorité des priorités, pour protéger les jeunes filles. Mettre des ressources à la disposition des structures de la chaine de prévention et de répression des cas de viol en Guinée. Créer un fond pour la prise en charge des victimes de viol. Parce qu’aujourd’hui nous sommes confrontées à cette  difficulté lorsque nous recevons les victimes de viols. Parfois nous sommes obligées de cotiser pour offrir des premiers soins aux victimes. Pourtant dans ce cas de figure, la victime a besoin même d’une assistance psychologique pour oublier les séquelles du viol. Mais nous sommes impuissantes face à cette situation. C’est pourquoi au-delà de l’indignation et des discours nous appelons à l’action. Sans oublier que nous risquons nos vies dans cette lutte, quand nous accompagnons des victimes. » Plaident-elles.

Avant de toucher aux juridictions, ces filles enseignent d’abord la loi en ces termes, « le viol est puni de la réclusion criminelle de 10 à 20 ans, lorsqu’il est commis sur un.e mineur.e de moins de 18 ans ou commis par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la victime, une autorité de droit ou de fait. »

« En dépit de la gravité de la peine qui s’attache à cette infraction, le phénomène de viol sur mineur va crescendo. Les juridictions devraient tenir également un fichier spécial des personnes condamnées pour viol. Ce qui permettrait de disposer d’une base de données pour les violeurs. Ce fichier pourrait même être rendu public, sous certaines conditions,  afin de réduire les risques de récidive et de dissuader des candidats au viol. » Dixit le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée.

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D’après elles, le viol est un crime abominable, dans certains pays, les auteurs de viol d’enfant sont détestés même par les autres criminels.

Aminata Diallo

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