Tabaski en textile guinéen : que faire pour ne pas que la campagne échoue?

Leppi, textile guinéen
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La Guinée dotée d’une très grande richesse culturelle, particulièrement en mode parlant de textile, a du mal à promouvoir cette richesse. La jeunesse se bat pour faire bouger les choses, elle part jusqu’à proposer à la population de s’habiller « made in Guinea », ceci depuis l’année dernière à l’approche de la fête de Tabaski.

Leppi, textile guinéen

Si les guinéens étaient parmi les plus grands utilisateurs des « Bazins Bamako« , des habits du Sénégal, ou encore des autres pays, aujourd’hui ils veulent s’habiller dans leur propre culture. Mais comment? Tout justement en invitant tout le monde à fêter la prochaine Tabaski en tissu « Leppi » « Keinderly » « Forêt Sacrée » « Damier« , bref en textile guinéen. Il faut noter que ces dernières années, aux remises de diplômes, dans les mariages et beaucoup de cérémonies notamment le 8 mars, le textile est porté, même le président Alpha Condé le porte souvent ces derniers temps.

Alpha Condé en textile guinéen

La structure Guinée Positive est l’une des initiatrices de cette campagne et ça a marché puisque plusieurs guinéen.nes d’ici et d’ailleurs, ont suivi la cadence en postant des photos et vidéos de sensibilisation sur les réseaux sociaux. Mais plus la campagne s’intensifie, plus les choses deviennent sérieuses.

Pilimini, jounaliste en textile guinéen

Les prix de ces tissus qui n’avaient pas une grande importance pendant les fêtes, ont grimpés à la vitesse nucléaire. Si avant, dans les préfectures où ces tissus sont tientés, tissés, confectionnés à la main, les prix étaient de deux pagnes à 80.000 ou 150.00/200 .000fg, aujourd’hui la hausse est incroyable. Ils se vendent entre 250.000 à 400.000fg à Labé si on le trouve d’ailleurs.  À Pita, aucun tissu n’était au marché jeudi passé un jour de marché hebdomadaire. Les producteurs/trices étaient envahi.es et n’avaient plus rien à revendre. D’où l’augmentation des prix comme bon semble à celui ou celle qui en a.

Alpha Condé en textile guinéen

Cependant, cette hausse des prix divise les internautes guinéens sur les réseaux sociaux là où tout à commencé. Les un.es soutiennent la hausse en vrai.es économistes, avec des arguments « quand la demande est supérieure à l’offre le prix augmente« . Les autres s’opposent carrément à cette hausse excessive partant de 50 à 100 voir même 250%. Ces dernièr.es  estiment que c’est de l’arnaque vu d’abord la qualité des tissus et de la teinture qui tâche à la moindre chaleur ou goutte d’eau.

Leppi

Alors, est ce qu’il faut augmenter les prix des produits qui étaient déjà fait? Est ce qu’il faut augmenter les prix vu la demande? Est ce qu’il faut vendre au prix normal sachant que la qualité n’est pas bonne? Est ce qu’il faut améliorer la qualité des tissus, agrandir les pagnes, mettre une teinture qui ne coulera pas et revendre à un prix raisonable? Est ce qu’il faut accepter la loi du marché et ne plus faire la promo à l’avenir? Que doit on faire en tant que guinéen.ne pour le bien de la culture et des producteurs/trices qui font tout le boulot à la main?

Malick Fadal, chanteur en Keinderly et Forêt Sacrée

Certes, il y a des productions qui étaient vendues à des prix pas accessibles pour tout le monde, comme le textile fait sur du Geizner, ou sur le Bazin Riche. Des femmes de Labé et de Kindia qui ont formées celles de Bamako il y a quelques années, font des Leppi, Keinderly, Damier, Forêt Sacrée de bonne qualité mais à des prix qui vont avec, de 500.000 à 1.000.000fg, voir plus. Celles ci ne devraient-elles pas inspirer les autres pour que tout soit de bonne qualité, puisque les guinéen.nes même pauvres sont capables d’en acheter? Qui de l’État ou des commerçant.es et bailleurs de fonds devrait investir pour que le textile guinéen soit valorisé ici et ailleurs?

Aminata Pilimini Diallo

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