Un « One woman show » : bientôt le spectacle de celle qui a ramené le SLAM en Guinée

Journaliste, animatrice, slameuse, comédienne, femme à shows et maman, Delphine II se prépare pour son premier grand spectacle en Afrique et troisième spectacle de sa carrière. C’est un « one woman show » avec pour titre le bilan de « Chuis la seule ou quoi ? » Depuis 2001 elle est slameuse, c’est à cette période qu’elle a découvert cet art oratoire. Le spectacle tournera autour du bilan de ses six ans en Afrique et ça « n’épargnera personne d’ici, de la France voire des Antilles car qui aime bien…» a-t-elle dit.

Affiche du show de Delphine II

Affiche du show de Delphine II

Ce « One woman show » c’est une occasion de montrer tout le panel de son jeu, de se montrer, de montrer ses qualités d’écriture et ça permet vraiment d’intéresser les gens sur son travail et ce, afin de décrocher des rôles : l’ultime timbale.

Le stand up et le Slam ont tout apporté à Delphine II jusqu’au moment où, « on va dire la vie de la comédienne qui doit courir partout, ça m’a vite fatigué. J’avais des envies, de mariage, d’enfants, ce sont des périodes qu’on ne doit pas laisser passer ».

Le titre « Chuis la seule ou quoi » signifie pour elle « est ce que je perçois les choses de la même manière que les autres femmes ? Est ce qu’il existe une universalité de perception ? »

Le premier spectacle de cette dame aux multiples casquettes, « Chuis la seule ou quoi » a été joué en 2005, deuxième spectacle 2010 « Déclaration(s) », un show plus intimiste joué au Luxembourg et en France. L’année 2010 correspond également à l’année de préparation de son retour en Afrique, pour une arrivée en Guinée début 2011. « Normalement mes spectacles auraient dû se faire en 2005, 2010 puis en 2015 mais entre temps j’ai eu une petite fille, je l’ai allaitée vraiment très tard et en tant que femme ça m’apprend alors qu’être une femme c’est un cadeau et en même temps un sacrifice d’office aussi, puis qu’allaiter joue sur la mémoire et j’ai dû le faire pendant 26 mois. Donc le challenge pour ce spectacle là, c’est de rediscipliner la machine, de recreuser les synapses, » dixit Delphine II.

Retour en Afrique

Son retour en Afrique s’est déterminé par le tournage du film Donoma (2011) de Djinn Carrénard et l’envie de tourner pour des réalisateurs africains et ce, depuis le Continent. Monter des projets culturels mais également de fouler les planches du Continent. Etre née et avoir grandi en France n’est parfois pas déterminant, Delphine II a fait le choix du Continent en 2011. Nul n’est prophète dans son pays, Delphine II a choisi de s’installer en Guinée alors que ses origines sont guadeloupéenne et camerounaise. Elle estime qu’ en tant qu’africaine elle peut s’installer où elle veut sur le Continent. La Guinée est pour elle, une base, en termes d’histoire, de culture, de vibes, elle dit se sentir extrêmement proche de ce petit bout d’Afrique.

Delphine II a ramené le Slam en Guinée. C’était en mars 2008. Cela a donné naissance au premier collectif de slameurs de Guinée : Nondi Slam. Le premier opus intégralement Slam également : le premier album Slam de Majesty sorti en 2011. Delphine II vit et travaille en Guinée depuis plus de cinq ans maintenant. En France elle était artiste, comédienne, slameuse, également journaliste animatrice radio à Tropiques FM la radio de Claudy Siar.

Parcours de Delphine II

Son parcours scolaire est d’après elle, atypique parce qu’elle voulait être orthophoniste puis qu’elle a parlé à l’âge de six ans suite à l’aide d’une orthophoniste. L’envie de faire des études de sciences du langage pour aider d’autres enfants à dépasser leurs blocages afin qu’ils brillent de leur lumière véritable. Maitrise de Sciences du Langage en poche, elle change d’orientation vers l’éducation nationale et l’institut de formation des maitres mais le cadre parait carcan.

SLAM !

Le Slam veut dire claquer en anglais. C’est un mouvement culturel qui est né dans les années 80 à Chicago où un dénommé Mark Smith avait constaté que la poésie était très élitiste. Il s’est rendu compte qu’il y avait des poètes de rue, qui sans formation aucune, touchaient les étoiles par leurs mots. Mark Smith a pensé démocratiser la poésie en la rendant au peuple, une sorte de forum de poésie où s’appliquerait une écoute véritable. Le SLAM, il faut que ça claque car si ton Slam laisse l’interlocuteur indifférent, on peut considérer que ton Slam est raté. Il faut marquer son interlocuteur, véhiculer de l’émotion.

Le Slam a des fondamentaux comme être a capela car la seule rythmique c’est l’agencement des mots qui apporte une musicalité. C’est une véritable connexion d’âme à âme, de maux à maux agissant telle une thérapie collective.

Une femme qui slame selon Delphine II, c’est le meilleur moyen de s’exprimer. C’est un excellent révélateur. Chaque femme qui souhaite diriger une équipe par exemple, « je dirais que faire du Slam est une excellente école oratoire. Cela permet de communiquer de manière fine que ça soit en couple, dans son entreprise, même dans l’éducation de ses enfants. En tant que femme, cela m’a permis de gagner confiance en moi, » dit elle.

Delphine II invite tous les timides et les grandes bouches à la suivre sur sa page éponyme facebook, où très bientôt de petites vidéos seront postées révélant son univers.

Pilimini