Une jeune fille de 16 ans qui se disait prête à commettre un attentat mise en examen et écrouée

Une mineure de 16 ans, qui se disait prête à commettre un attentat en France, a été placée en détention provisoire, lundi 8 août, à Paris. L’adolescente a été mise en examen des chefs d' »association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle » et « provocation à la commission d’actes de terrorisme par un moyen de communication en ligne », en l’occurrence la messagerie cryptée Telegram.

lemergence-du-terrorisme-mondial-france-tnp

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La jeune fille avait été interpellée le 4 août dans le cadre d’une opération antiterroriste à Melun, en banlieue parisienne. Une information judiciaire, confiée aux magistrats du pôle antiterroriste de Paris, a été ouverte, lundi, par le parquet de Paris, rapporte france24.com.

« Très radicalisée », la jeune fille était administratrice d’un groupe sur Telegram, où lors des conversations « elle a relayé de nombreux messages de propagande du groupe État islamique, a relayé des appels à la commission d’un attentat et a également exprimé son intention de passer à l’acte », a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête.

Les enquêteurs sont remontés jusqu’à l’adolescente, qui n’a pas d’antécédent judiciaire, après avoir repéré un message « très inquiétant » posté au sein de ce groupe sur Telegram, a indiqué cette source. Des perquisitions ont été menées, jeudi, par les policiers d’élite du Raid à Melun, notamment au domicile familial de la jeune fille. Ni armes ni explosifs n’ont été découverts.

« À ce stade des investigations, les enquêteurs n’ont pas mis en évidence une cible de lieu ou un projet [d’attaque] abouti », a ajouté la source proche de l’enquête. L’ordinateur et le téléphone de la mineure sont en cours d’exploitation et « il n’y a pas eu à ce stade d’autres interpellations », a-t-on précisé de même source.

Lancée en 2013, Telegram, une application pour smartphone créée par des Russes, est régulièrement pointée du doigt par les autorités pour être l’un des moyens de communication préférés des jihadistes. Il s’agit d’une messagerie instantanée qui fonctionne par « chaînes thématiques », l’équivalent de forums. Il est aussi possible de passer en « chat » privé et d’échanger à deux ou en groupe. À ce moment, la messagerie devient « chiffrée » ou « cryptée » pour toute personne qui chercherait à pirater les échanges, et a fortiori pour les autorités qui tentent de surveiller l’activité jihadiste. Et les conversations sont effacées immédiatement.

Les deux auteurs de l’attentat dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, avaient fait connaissance via cette application seulement quelques jours avant l’assassinat du père Jacques Hamel, égorgé en pleine messe.